histoire de la citadelle - la citadelle de Doullens

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Mairie de Doullens
80600 Doullens
les fortifications de Doullens
LA CITADELLE
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La citadelle de Doullens
La citadelle de Doullens est un des joyaux du département de la Somme, au coeur du territoire Nord Picardie. Place forte, château, fortifications entourant la ville, la citadelle va peu à peu s’imposer, se structurer sous les différents règnes. C’est sous François Ier que la citadelle, place forte se structure sur un premier site, un laboratoire qui permet de voir l’évolution de l’architecture militaire durant plusieurs siècles. Paradoxalement, lorsqu’elle est achevée, sa vocation première est obsolète, la frontière aux portes de Doullens est désormais situé en Flandres.

Progressivement transformée en lieu de détention d’État  avant d'être spécialisé dans l'accueil des femmes…mais aussi hôpital militaire français et canadien pendant la Grande Guerre, Centre de commandement météo Dohle pour les lancements V1 et V2, Hébergement des Harkis, la citadelle s’est depuis  murée dans le silence dans les années 60.

Albertine Sarrazin s’échappa en avril 1957 et laissera au travers ses romans, son indélébile passage notamment dans  "L’Astragale" mais elle ne fut pas la seule célébrité à y être enfermée, de nombreuses figures de l’histoire de France y séjournèrent malgré eux comme par exemple le fils de Louis XIV !

Retrouvez-ci dessous son histoire au travers différentes époques. Bonne lecture et découverte.
Un embryon défensif
Dourlens, Dourlans, Doullens,…était au XIIe siècle sous la protection du comté de Ponthieu. Une série de parchemins originaux comporte divers titres constitutifs des droits de la commune de 1213 à 1600. Elle s’avère être une source précieuse pour l’histoire locale, des mentions sur les fortifications de Doullens apparaissent ici ou là.

La citadelle est en quelque sorte l’héritière d’une longue évolution des fortifications de Doullens. Un embryon de défense est très probable, de nombreux faisceaux d’indices nous permettent d’émettre une théorie, celle de l’existence d’une fortification, un château, voire d’une motte féodale. Des traces d'occupation plus ancienne est du reste une réalité qui demande à être confirmée de façon plus structurée. On pourrait à titre d’exemple mettre en avant un extrait d’un des parchemins datant de 1337,  où il est expressément indiqué que le château de Doullens se situe sur les hauteurs de Doullens.

La citadelle correspond à cette évolution séculaire bien que ce développement progressif du système défensif repose sur différentes explications pas toujours liées, pas toujours logiques car fortement dépendant de la géopolitique, des moyens, des stratégies, des événements.


Une ville, enjeu des luttes de pouvoir
La domination du royaume de France, sous gestion du comte de Saint Pôl du 13e au 15e siècle laisse de nombreuses traces. C’est dans cette période qu’est construit le beffroi, autrefois le siège de la maison communale, beffroi qui est désormais classé au patrimoine de l’Unesco.

Domination et confrontation vont ryhtmer la vie doullennaise. La France, les Bourguignons luttent pour imposer leur pouvoir jusqu’aux portes de Doullens.  La ville fait alliance avec Jean Sans Peur. Le traité d’Arras (1435) officialise la gestion bourguignonne avec l’abandon quasi obligé de la couronne de France de la ville. Souvent, nous entendons que  Doullens, ses fortifications sont la résultante d’une place au portes d’un royaume, à la « frontière ». C’est vrai ! Mais tout dépend les époques et de quel côté nous sommes placés.

En 1463, Louis XI rachète notamment Doullens quatre cent mille écus, afin que les Bourguignons soient éloignés de Paris et que soit oublié ce traité moins glorieux pour la couronne de France avant de revendre la ville…aux Bourguignons….deux ans plus tard avant de récupérer les lieux, ordonner le démantèlement des fortifications une décennie plus tard. 1476, Doullens retourne sous giron Bourguignon avec Charles le Téméraire. Il faut attendre la mort de ce dernier pour que Doullens repasse sous le pavillon français, la ville reconnaissant l’autorité du roi de France (1477).
Jusqu’en 1529, la ville reste structurée autour de ses fortifications, de son château avec des consolidations, des rénovations comme l’atteste des comptes et documents de cette période avant parfois des phases de destructions avec les anglais. La menace bourguignonne est encore là ! Enfin pas directement. L’alliance de Marie de Bourgogne avec le royaume d’Espagne entraîne le pays ibérique dans un nouveau conflit larvé. Doullens se retrouve bon gré malgré plongé dans le trouble des jeux politiques, militaires, stratégiques. La paix des dames dit traité de Cambrai en 1529 est à double tranchant pour le secteur. Le royaume de France cède notamment l’Artois, la Flandre à l’Espagne. Doullens reste sous giron français…mais se retrouve en première ligne, première ville à la frontière du royaume. François 1er le comprend et décide de renforcer le lieu, c’est la naissance d’une place forte plus structurée, lieu que l’on appelera à terme l’ancienne citadelle.
le 16ème siècle, un autre visage
Le 16ème siècle change donc la donne pour la citadelle. L'Espagne n'est qu'à quelques lieues de Doullens, par le biais de héritage bourguignon désormais possession ibérique. La citadelle de Doullens devient un des lieux les plus stratégiques du royaume de France. La place forte, ressemble de plus en plus à une citadelle, elle se structure avec plusieurs bâtiments que vous pouvez observer sur notre simulation 3 D.
Un système défensif imprenable ? L’investissement est conséquent, la France fait appel à des maîtres des fortifications, italiens notamment pour structurer une ligne de défense permettant d’empêcher grâce à plusieurs fortifications toute velléité ennemie. Pourtant, en 1595, les Espagnols attaquent et font le siège de la citadelle de Doullens  du 15 au 24 juillet. Doullens finit par tomber, comme d’autres places comme Amiens (1597) avec selon les témoignages de 2 à 5000 doullennais morts au combat ou massacrés. La citadelle passe sous domination espagnole avec un gouverneur qui régit la ville et la citadelle.
Durant deux ans, Doullens est rattaché au royaume d’Espagne. Mais c’était sans compter Henri IV. En 1598, la paix de Vervin officialise le retour de la ville, de la citadelle sous giron français.

Cette épisode laissa d’importantes traces, une défaite  traumatisante qui conduit Henri le Grand a impulsé des travaux une extension et un renforcement de la citadelle. Cette longue phase de mue s’étalera jusqu’en 1650-1600

le 17ème siècle, un siècle de construction
Le 17e siècle voit donc une citadelle modifiée, une extension importante des fortifications en développant un système défensif vers l’arrière de la première place forte tout en réorganisant les liens qu’elle pouvait avoir avec la ville. Les fortifications de Doullens se déconnectent de l’ouvrage militaire. L’évolution se traduit par une nouvelle enceinte sous l’impulsion de Jean Errard.

 

Jean Errard (né vers 1554 à Bar-le-Duc et mort le 20 juillet 1610 à Sedan) était un mathématicien et ingénieur militaire lorrain, initialement au service de la cour Ducale de Lorraine, qui, converti au protestantisme, s’est engagé au service du roi de France Henri IV. Il est un précurseur de Vauban. En 1599, Henri IV, pour le remercier, le nomme ingénieur ordinaire des fortifications des provinces de Picardie et Île-de-France, et ainsi, il poursuit son œuvre jusqu’à sa mort (19 ou le 20 juillet 1610) . En 1594, Errard publia « la Fortification réduite en art et démontrée ». Il y définit les moyens du défilement, sut utiliser les particularités du terrain, institua des plans inclinés destinés à éviter la surprise des vues plongeantes et réussit à masquer les flancs des bastions à l’ennemi grâce à la disposition des courtines. Il inventa encore le cavalier et normalisa l’épaisseur des remparts. Son système se compose de bastions, pouvant accueillir deux cents fantassins, tirant de face, et larges d'environ 70 mètres. Ils sont flanqués de batteries d'artillerie, de 30 mètres de large. Le principe des ouvrages avancés inspirera Vauban. Ses plans prévoient des chemins couverts pour défendre les glacis (notion de « défilement »), ainsi que des demi-lunes entre les bastions pour protéger les portes courtines (notion de « flanquement »). Le principal inconvénient de ce système défensif est de présenter des bastions dont le plan à angles trop aigus ne présentent pas toutes les garanties de sécurité pour les assiégés.

Rappelons qu'en 1659, le traité des Pyrénées, qui met fin à la guerre de 30 ans, sonne comme un avertissement pour l’avenir de la citadelle. Les articles 35 à 41 abordent le cas des Pays-Bas espagnols : la France obtient le comté d'Artois, sauf Aire et Saint-Omer. Elle obtient également les places flamandes de Bourbourg, Gravelines et Saint-Venant, en Hainaut celles d'Avesnes, de Landrecies et de Le Quesnoy, et au Luxembourg, celles de Damvillers, Montmédy et Thionville, ainsi que les prévôtés d'Ivoy, de Chavancy et de Marville. Doullens reste sous la menace espagnole et le pouvoir royal continue tout de même sa transformation.
Le plan ci-dessus date de 1676. Il est extrêmement intéressant. Il permet de suivre l’évolution des travaux. En rouge, l’ouvrage terminé en jaune, l’ouvrage projeté ou en cours. On remarque qu’après des travaux finalisant le côté opposé à la ville, il est projeté de structurer, de protéger davantage la citadelle en revoyant le système défensif en direction de la ville jusqu’en contrebas de l’Authie. La pierre située à la porte royale datée de 1680 confirme cette évolution. En revanche, elle a été déplacée de façon certaine car en 1538, l’entrée ne se situait pas à cet endroit.

La citadelle va se doter, se structurer autour d’un système complexe qui préfigue les constructions de Vauban. Contrairement à ce que l’on croit, la citadelle de Doullens a été réalisée par ses prédécesseurs, , des maîtres constructeurs qui inspireront Vauban. La citadelle est donc un laboratoire précurseur de Vauban, elle est à ce titre aussi un témoignage précieux, unique dans l’architecture militaire.


le 18ème siècle, un édifice militaire
Doullens se développe, la citadelle se structure de plus en plus, le 18e siècle voit deux faits majeurs : l’achèvement du système défensif et son obsolescence. Sur le plan ci-dessous , on remarque la complexité, la transformation complète de la citadelle en comparaison avec celui de 60 ans plus tôt. Obsolescence, car paradoxalement lorsque la citadelle est achevée, les différents traités fin 17e ont déplacé la frontière, la France reprenant possession des places fortes, de l’Artois, de La Flandre à une Espagne grande perdante. La citadelle en première ligne, hier, devient un complexe militaire à l’intérieur des terres, ce n’est plu tout à fait la même chose, l’emplacement devient moins stratégique, l’attention du royaume s’effacera donc progressivement.
La citadelle garde cependant un rôle militaire indéniable avec des garnisons. Dès 1715, elle est mobilisée dans un second rôle celle de prison. Entre le pénitencier et la citadelle, ce sera  une longue histoire qui se terminera plus de deux siècles plus tard. Tout au long du 18ème, les modifications vont se succéder avec  d’abord une prison située à l’intérieur de l’ancienne forteresse.



La période révolutionnaire utilisera également la citadelle, comme prison pour les nobles ennemis de la révolution dans un premier temps puis tout suspect au moment de la Terreur, les prisonniers venant des 4 coins du nord de la France, d ‘Abbeville, Montreuil,  Bailleul, d’Hazebrouck, Douai…même des sœurs grises furent un temps prisonnières. Ce n’est pas la première fois que des femmes sont emprisonnées à la citadelle mais l’emprisonnement  de femmes  au 18e préfigure une spécialisation ultérieure.


Le 19ème siècle, une prison de plus en plus présente
Sous l’ère napoléonienne, Doullens ne se développe plus. La citadelle reste cependant mobilisée pour les garnisons, pour les royalistes. Napoléon lui préfère la création de 8 nouvelles prisons dites petites bastilles, des maisons centrales. Le retour de la monarchie entraîne une utilisation plus forte, notamment pour les bonapartistes. En 1835, le 22 janvier, la citadelle de Doullens est affectée aux individus condamnés à la déportation et à la détention, elle devient officiellement une prison d’Etat, évolution qu’elle avait déjà connu un siècle plutôt. Un juste retour des choses si l’on puis dire ainsi.  La prison va se développer dans le site de la nouvelle citadelle.




Des amnisties générales vident parfois la citadelle des condamnés politiques. Cependant les journées révolutionnaires de 1848 vont entraîner une vague d’arrestations, de nombreuses personnalités tels que Raspail, Barbès, Blanqui, Martin Bernard, Joseph Sobrier seront ainsi détenus à Doullens. Autre évolution  c’est  le travail des prisonniers qui apparait petit à petit,  une évolution qui jette les bases de la prison-travail dans la citadelle. Mi-19ème, la citadelle se spécialise dans l’accueil de femmes. Elle devient une maison centrale jusque 1895, l’urbanisme à l’intérieur se développe fortement pour permettre de recevoir jusqu’à plusieurs centaines de détenues.

« Cette maison, destinée à recevoir les femmes condamnées à plus d'un an de détention, peut contenir plus de 500 détenues, qui sont généralement employées à des travaux de couture. La surveillance des femmes est confiée à 16 religieuses de l'Ordre de Marie-Joseph. »

Le ministère de la justice décide le 20 janvier 1887 de fermer la prison pour faire « des économies » mais heureusement cette décision ne sera effective de suite. Quelques années plus tard, les prisonnières doivent cependant rejoindre la prison de Clermont. Les dernières prisonnières quittent la maison centrale de Doullens en septembre 1891.

On décide alors de créer à Doullens une maison pour jeunes filles. En janvier 1892, la citadelle devient une maison pénitentiaire réservée aux  filles, aux femmes de petite vertu.

Il faudra attendre un peu pour que cela puisse être effectif. L’établissement de Cadillac qui avait cessé ses fonctions à la fin de 1894, est remobilisé provisoirement car les travaux d’aménagement de Doullens ont pris du retard. L’administration se demandait s’ils seraient terminés avant la fin 1895, ce qui sera officiellement le cas jusqu’à la veille de la Grande Guerre. Les mineures envoyées en correction pour « vagabondage » (prostitution) seront principalement placées dans « l'Ecole de préservation de Doullens ».   
le 20e, le pénitencier au rythme des guerres
Les religieuses qui avaient la charge éducative et de la bonne conduite au 19ème  ne feront plus parties  du périmètre « pédagogique » . L’établissement devient laïc en conformité avec l’évolution nationale de 1905.  La citadelle devient ainsi une institution publique d’éducation corrective : ateliers industriels, section agricole….de nouveaux travaux sont effectués pour rééduquer les femmes. Un dispensaire prophylactique pour les vénériennes, une maternité avec une pouponnière et quartier spécial dit quartier correctionnel sont progressivement mis en place. E, clair, les femmes accouhent à la citadelle et vivent incarcérées avec leur enfant.



Évasions, remise en cause du site, l’histoire de la citadelle est mouvementée..En 1911, on comptait environ 300 femmes  emprisonnées à la citadelle

Lors de la  PREMIERE GUERRE MONDIALE, la prison est mobilisée par les militaires de toutes nations et pour y accueillir notamment un hôpital français puis canadien dont des salles d’opération. Doullens est en effet un lieu stratégique assez proche du front. En 1918, l’hôpital subit un bombardement allemand faisant de nombreuses victimes.



Le bilan humain et matériel est lourd. Tous les occupants du 3ème étage u bâtiment accueillant les salles d’opération est bombardé malgré les croix qui indiquent la localisation de l’Hôpital. D nombreuses personnes sont tuées. Au total, on dénombre 23 soldats tués, deux médecins et trois infirmières. Le bilan aurait pu être plus lourd sans l’intervention du personnel, des soldats. Il faut ajouter dans les semaines suivantes 6 soldats qui succombèrent à leurs blessures et seize préposés aux soins, brancardiers et plantons. On dénombra également 17 blessés. La bombe, estimée à 1 tonne, est une bombe incendiaire lancée à 6000 pieds environ. C’est un acte délibéré. Le bloc chirurgical est ainsi anéanti alors qu’une opération était en cours. Les deux médecins et les trois oiseaux bleus (infirmières canadiennes) ont péri comme l’officier qui était sur la table d’opération ainsi que les soldats qui attendaient dans la pièce adjacente.



A l’armistice, une maison de préservation fera son retour afin de donner une éducation aux jeunes femmes prises en charge par l’assistance publique et de lutter contre la délinquance » bien que le coût de la remise en état fait un temps planer le doute d’une fermeture au profit d’autres sites en France dont Cadillac et Clermont.

Finalement, la maison de Doullens continuera à fonctionner jusqu’à la Seconde Guerre Mondiale après d’importants travaux. Les bâtiments, notamment la maternité, l’infirmerie seront reconstruits tout comme la redéfinition de certains quartiers notamment celui des syphilitiques qui ne proposaient pas assez de place. Entre 1929 et 1931, une commande sur les prisons et de l’institution pour mineures relevant du ministère de la Justice nous permettent de découvrir de nombreuses  photos de la vie quotidienne à la citadelle. En voici quelques extraits, d’autres sont à visionner dans l’onglet espace documentaire.


Avec le retour de la Guerre mondiale, la citadelle est de nouveau évacuée. La guerre éclaire allemande entraîne un contrôle rapide du Reich en 1940. La citadelle garde sa fonction pénitentiaire. Elle devient un camp de transit allemand, puis un centre de détention avant de devenir une base stratégique.

La citadelle est transformée en FRONTSTALAG en septembre 1940. Les  frontstalags étaient des camps gérés par l'armée allemande et constituent , en quelque sorte, de véritables camps de transit pour les prisonniers avant leur acheminement vers les camps définitifs situés notamment en Allemagne (STALAG, OFLAG).

Le camp de Doullens était connu comme le frontstalag172 et fut en fonction jusqu’en décembre 1940. Progressivement, ce sont des personnes condamnées pour le marché noir, des personnes suspectées qui seront ensuite emprisonnées à la citadelle. Les Allemands décidèrent  cependant de spécialiser l’ancienne fortification en centre stratégique.



Ainsi, la citadelle de Doullens devient un lieu extrêmement important. Elle devient la base cryptée de type Dohle des lancements de V1 du  nord de la France. Le centre météo est installé à Doullens avec une télécommunication cryptée. C’est donc de Doullens que sont analysés, optimisés les lancements de l’ensemble des V1 du Nord de la France. C’est encore un événement majeur complètement oublié, minoré

Du reste, il reste de nombreuses découvertes à réaliser. A titre d’exemple, ce n’est pas un mais 4 blockhaus qui seront construits dans la citadelle dont l’association a travaillé pour les localiser, des lieux secrets que nous vous faisons découvrir sur ce site !  Découvrez une simulation ci dessous.

En 1945, la citadelle retrouve sa fonction d’avant-guerre, celle d’un pénitencier mais avec une évolution majeure, l’école devient une maison centrale pour femmes.  

Doullens reçoit tout d’abord des équipes pour remettre en état la prison.  Cette maison centrale est cependant très spécialisée, puisqu’elle accueille particulièrement, et même un temps exclusivement, les femmes collaboratrices jusqu’en 1950, date à laquelle  la fonction est modifiée pour recevoir les jeunes femmes condamnées de droit commun ou pour infanticides.
Au total, au démarrage 4 groupes de « 14 chambres » sont opérationnels d’après le rapport de l’administration pénitentiaire en 1950. Le site connaît donc une nouvelle phase d’expansion avec de nombreux bâtiments construits comme le montre le plan ci-dessus.
La prisonnière la plus célèbre sera évidemment Albertine Sarrazin née Damien. Rappelons quatre dates importantes avec 2017. Il y a 80 ans, elle naissait officiellement. 80, pour une fille qui sera baptisée avec le nom de Damien, qui sera emprisonnée dans le département de la Somme ! Tout un symbole.  70 ans qu’elle vit en France métropolitaine puisqu’elle revient d’Algérie en 1947 !  Il y a 60 ans, le 19 avril 1957, elle saute du rempart de la citadelle et se casse un des os du pied. 10 ans plus tard, le 10 juillet 1967, elle décède après une opération qui tourne mal à Montpellier, il y a un demi-siècle. 2017 a été une année particulière pour rendre hommage à Albertine Sarrazin. Découvrez son parcours dans l’onglet musée virtuel.



Les formations professionnelles sont mises en place dans le cadre de la détention : confection, repassage, enseignement ménager rural (cuisine, buanderie, petit élevage), dactylo et la comptabilité. « Les détenues sont divisées en groupes d’une quinzaine de femmes ayant à leur tête une monitrice choisie en raison de son autorité. Une institutrice, aidée d’une éducatrice, dirige l’ensemble des activités scolaires et professionnelles ».

La prison est organisée en section autonome reprenant le nom des provinces françaises. D’ailleurs, Albertine Sarrazin est intégrée à la division Béarn sous le matricule 504 (1956). Tôt levées, tard couchées, les détenues mènent une vie très active, depuis la séance de gymnastique au matin jusqu’aux heures de lecture le soir. Les dernières prisonnières de Doullens quitteront la citadelle pour être envoyées au centre pénitentiaire de Rennes, le site de Doullens faisant les frais d’une réorganisation et une rationalisation des dépenses, déjà ! Fin 1959, pour la première fois depuis fort longtemps, depuis de nombreux siècles, « la citadelle n’accueille plus que le silence et la douce mélodie du vent qui chante à qui veut entendre les murmures du passé, ses secrets, ses mystères » comme l’explicite Fabrice Dehaene



Début soixante, l’ancienne prison ouvre de nouveau ses portes et reçoit du public, un lieu mobilisé contre toute attente. Les Harkis vont occuper les lieux pendant quelques années. Cette partie mérite un travail de mémoire en profondeur, une ancienne prison désaffectée, on aurait pu trouver mieux.

Après 1964, elle est de nouveau fermée avant qu’en 1968, la citadelle se transforme en studio cinéma. Le réalisateur et scénariste français, Guy Casaril tourne en effet l’Astragale, roman qui rappelle par la fracture du pied l’évasion d’Albertine Sarrazin. Le film tournée sort à la fin de la même année.



Au box-office, le film s’approcha de la barre des 2 millions de cinéphiles, 1.875.409 entrées en France. A noter que le film sera interdit aux moins de 18 ans à sa sortie. Ce qui est le plus rageant, c’est l’état de la prison qui était encore excellent,une rénovation effectuée pour le ffilm que l’on a pas su préserver. Les acteurs principaux tourneront et seront présents à Doullens comme Marlène Jobert.

Les années 70 marquent le déclin de la citadelle, une véritable friche que des passionnés, les amis de la citadelle porteront à bout de bras, faisant un important travail de bénévoles tout comme la mise en place par la communauté de communes d’un chantier d’insertion qui a permis d’entretenir les espaces verts alliant solidarité et engagement citoyen. Malgré ces efforts qu’il faut saluer, la citadelle tombe , faute d’une prise de conscience publique conséquente,  dans un état particulier. Il est plus que temps d’agir, de nombreux bâtiments ont déjà disparu, d’autres sont durement touchés par le temps.

C’est dans cette logique qu’aujourd’hui l’association la citadelle s’est constituée avec les forces vives de la société civile pour se mobiliser dans la recherche, l’investissement, pour concourir à la sauvegarde de la mémoire, des patrimoines.

Le département de la Somme s’est engagé également au travers la création d’un  EPCC réunissant 3 sites majeurs de la Somme dont Samara et Ribemont. Doullens  devrait ainsi retrouver un peu de couleurs mais ce chantier est gigantesque. L’avenir du site passera par une prise de conscience de ce riche passé, la réussite nécessite une prise en compte de toutes les forces et des projets de valorisation, ce monument appartient aux citoyens.



Nous contacter
0603848398 (Patrick Bouffel)
0684044665 (Fabrice Dehaene)
contact@lacitadellededoullens.fr

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