de Doullens La citadelle

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Le 17e siècle voit donc une citadelle modifiée, une extension importante des fortifications en développant un système défensif vers l’arrière de la première place forte tout en réorganisant les liens qu’elle pouvait avoir avec la ville. Les fortifications de Doullens se déconnectent de l’ouvrage militaire. L’évolution se traduit par une nouvelle enceinte sous l’impulsion de Jean Errard.










La citadelle va se doter, se structurer autour d’un système complexe qui préfigue les constructions de Vauban. Contrairement à ce que l’on croit, la citadelle de Doullens a été réalisée par ses prédécesseurs, , des maîtres constructeurs qui inspireront Vauban. Il va se nourrir des expériences pour proposer une étape ultime. La citadelle est donc un laboratoire précurseur de Vauban, elle est à ce titre aussi un témoignage précieux, unique dans l’architecture militaire.

Le plan que nous avons trouvé datant de 1676 est extrêmement intéressant. Il permet de suivre l’évolution des travaux. En rouge, l’ouvrage terminé en jaune, l’ouvrage projeté ou en cours. On remarque qu’après des travaux finalisant le côté opposé à la ville, il est projeté de structurer, de protéger davantage la citadelle en revoyant le système défensif en direction de la ville jusqu’en contrebas de l’Authie. La pierre située à la porte royale datée de 1680 confirme cette évolution. En revanche, elle a été déplacée de façon certaine car en 1538, l’entrée ne se situait pas à cet endroit.



Jean Errard (né vers 1554 à Bar-le-Duc et mort le 20 juillet 1610 à Sedan) était un mathématicien et ingénieur militaire lorrain, initialement au service de la cour Ducale de Lorraine, qui, converti au protestantisme, s’est engagé au service du roi de France Henri IV. Il est un précurseur de Vauban. En 1599, Henri IV, pour le remercier, le nomme ingénieur ordinaire des fortifications des provinces de Picardie et Île-de-France, et ainsi, il poursuit son œuvre jusqu’à sa mort (19 ou le 20 juillet 1610) . En 1594, Errard publia « la Fortification réduite en art et démontrée ». Il y définit les moyens du défilement, sut utiliser les particularités du terrain, institua des plans inclinés destinés à éviter la surprise des vues plongeantes et réussit à masquer les flancs des bastions à l’ennemi grâce à la disposition des courtines. Il inventa encore le cavalier et normalisa l’épaisseur des remparts. Son système se compose de bastions, pouvant accueillir deux cents fantassins, tirant de face, et larges d'environ 70 mètres. Ils sont flanqués de batteries d'artillerie, de 30 mètres de large - le principe des ouvrages avancés inspirera Vauban. Ses plans prévoient des chemins couverts pour défendre les glacis (notion de « défilement »), ainsi que des demi-lunes entre les bastions pour protéger les portes courtines (notion de « flanquement »). Le principal inconvénient de ce système défensif est de présenter des bastions dont le plan à angles trop aigus ne présentent pas toutes les garanties de sécurité pour les assiégés.

 


En 1659, le traité des Pyrénées (fin guerre de 30 ans) sonne comme un avertissement pour l’avenir de la citadelle. Les articles 35 à 41 abordent le cas des Pays-Bas espagnols : la France obtient le comté d'Artois, sauf Aire et Saint-Omer. Elle obtient également les places flamandes de Bourbourg, Gravelines et Saint-Venant, en Hainaut celles d'Avesnes, de Landrecies et de Le Quesnoy, et au Luxembourg, celles de Damvillers, Montmédy et Thionville, ainsi que les prévôtés d'Ivoy, de Chavancy et de Marville. Doullens reste sous la menace espagnole et le pouvoir royal continue tout de même sa transformation.